Maîtriser la prise de raquette reste l’un des tout premiers automatismes à cultiver lorsqu’on souhaite progresser, tout en évitant les blessures au tennis. Dès qu’il faut ajuster un coup droit, perfectionner les effets au service ou sécuriser son revers, le choix du grip transforme aussitôt la trajectoire, améliore le confort et contribue à prévenir les douleurs. Peu importe votre niveau ou votre morphologie, regagner confiance et contrôle sur le court peut s’enclencher dès les premières séances seulement en repensant sa prise.
Sommaire
Comment bien tenir sa raquette au tennis ? Les réponses rapides (et visuelles)

Une bonne tenue de raquette conditionne souvent 80 % de la réussite d’un geste au tennis. Apprendre le coup droit, le revers ou le service commence toujours par accorder la position des mains, car celle-ci influence tout immédiatement : puissance, contrôle… sans oublier la prévention des blessures. Pour la grande majorité des débutants et joueurs intermédiaires, la prise semi-fermée (semi-western) s’impose sur le coup droit : cette prise équilibre contrôle et lift, et devient vite la norme pour les jeunes à partir de 11/12 ans dans les clubs.
En revanche, pour le revers, on distingue d’abord la prise continentale (unie à la volée et au service plat), puis d’autres prises légèrement plus fermées quand on cherche à lifter ou à jouer à deux mains. Le service, quant à lui, se conçoit presque systématiquement en prise marteau ou continentale : cela offre une liberté de pronation et une grande variété d’effets. À observer Nadal (semi-western extrême), Djokovic ou Becker, on comprend comment les champions adaptent leur grip à leur jeu. Mais commencer avec un grip simple et fonctionnel permet finalement d’accélérer la progression – et de prendre plaisir sur le court dès ce week-end, comme le rappellent de nombreux entraîneurs en club.
Les différentes prises de raquette (coup droit, revers, service)

Il existe une bonne dizaine de prises de raquette recensées par les guides professionnels – néanmoins dans la pratique, trois ou quatre suffisent largement à 99 % des amateurs. Regardons plus concrètement les grandes “familles”, en les reliant à leur usage… et à quelques exemples marquants.
Prise continentale : la base universelle pour la volée, le service et les débutants
La prise continentale (ou “marteau”) consiste à positionner la base de l’index et l’éminence hypothénar de la main contre le biseau n°2 (bevel 2) lorsque la raquette est verticale. Très ancienne, cette prise reste la plus courante pour le service, la volée et les smashs, principalement parce qu’on peut tres vite orienter la tête de raquette d’avant en arrière. Certains entraîneurs insistent souvent : “de 3 à 10 ans, la plupart des coups sont d’abord montrés en continentale pour la simplicité et éviter les soucis articulaires”. Mais attention, le lift devient beaucoup plus compliqué à générer avec cette prise – vouloir la conserver indéfiniment, c’est se fermer la porte à la puissance et à certains effets au fil du temps.
- Polyvalence appréciée : Service, volée, smash, une prise rassurante lorsqu’on débute.
- Limites notables : Pas adaptée si on veut lifter fort en coup droit ou chercher un revers très lifté.
Pour l’histoire, John McEnroe ou Björn Borg jouaient presque tout en continentale… à l’époque dorée des années 70 ! Impossible aujourd’hui pour un tennis moderne, selon la plupart des anciens du circuit.
Prise semi-fermée (semi-western) : le grip coup droit moderne (et standard en club)
La semi-western règne aujourd’hui sur le coup droit : elle est fréquemment citée par les formateurs actuels comme le compromis idéal entre puissance, contrôle et lift. Concrètement, il s’agit de poser la base de l’index sur le biseau n°4 (bevel 4), avec la paume qui “passe” sous la raquette. Fait marquant : environ 80 % des jeunes en club choisissent spontanément cette prise entre 11 et 12 ans (données Mouratoglou Academy).
- Ce qu’elle offre : Lift efficace, utilisée sur terre battue comme sur dur.
- Ce qu’elle réclame : Souplesse du poignet supérieure, moins intuitive face à des balles très basses.
L’essentiel des grands noms – Nadal, Djokovic, Sinner mais aussi bon nombre de joueurs classés jusqu’à la 200e ATP – opte pour la semi-western dès qu’il faut passer un cap. Un repère simple : l’ongle du majeur orienté vers le sol au moment du contact indique une prise cohérente, c’est une astuce glanée auprès d’un préparateur technique en club.
Prise fermée (eastern) : entre tradition et contrôle pur
Position intermédiaire entre la continentale et la semi-western, la prise fermée (eastern) invite à placer la base de l’index sur le biseau n°3 (bevel 3). Elle est idéale pour les frappes à plat, assure contrôle et sécurité, mais amène un lifting beaucoup plus limité, comparée aux autres prises modernes.
- Soutient la précision : Très fiable pour les débuts ou lorsqu’on privilégie la justesse de placement.
- Moins portée sur le lift : Le topspin reste modéré, ce qui explique qu’on la voit davantage chez les traditionnalistes, ou en apprentissage.
Petite anecdote : Roger Federer, lui-même, a gardé une eastern légèrement fermée… preuve que la technique finale s’accorde toujours au style, de chaque joueur, selon certains coachs suisses interrogés sur le sujet.
Prises “extrêmes” (western, hawaiian) : pour générer un maximum d’effets
Destinées avant tout aux joueurs expérimentés, les prises extrêmes (main basculée nettement sous le manche, biseau n°5 ou plus) séduisent certains adeptes du lift sur terre battue et quelques jeunes compétiteurs. Ce choix était régulièrement constaté à l’époque des années 2000 ; le Brésilien Kuerten l’utilisait par exemple en match.
À noter : “On rencontre rarement la prise hawaiian parmi les loisirs. Ceux qui l’adoptent cherchent régulièrement un spin maximal… pour compenser un déficit de puissance sur d’autres coups”, résume un formateur aguerri de la Ligue Île-de-France en entretiens off.
| Prise | Utilisation principale | Niveau conseillé |
|---|---|---|
| Continentale | Service, volée, revers slice | Débutant / Tous |
| Eastern | Coup droit plat/contrôle | Débutant/intermédiaire |
| Semi‑western | Coup droit lifté | Intermédiaire/avancé |
| Western/Hawaiian | Coup droit très lifté | Avancé |
Variantes de revers : une ou deux mains, des repères anatomiques clés
Pour le revers à une main, la prise continentale (pour la volée ou le slice) ou une variante fermée, dite “full eastern”, sont généralement recommandées. Quant au revers à deux mains (désormais très fréquent chez les amateurs et intermédiaires), la main dominante adopte une prise eastern ou semi-western, tandis que la main d’appui choisira plutôt une prise continentale (“marteau”).
Détail décisif : l’éminence hypothénar (la petite zone en forme de coussinet en bas de la paume) repose idéalement sur le côté du manche. Ce positionnement limite les crispations, parfois responsables de gênes ou de tensions au fil de la pratique. Pour s’en convaincre, il suffit d’observer Richard Gasquet (spécialiste du revers à une main et d’une prise fermée) ou Djokovic (deux mains, semi-western/eastern avec la main supérieure en marteau).
Prise de service : marteau/continentale, la clé de la pronation
Pour le service, l’erreur classique consiste à conserver sa prise habituelle de coup droit ! Une prise “marteau” (la paume suit l’axe du cadre, comme si l’on tenait un marteau) facilite nettement la rotation (pronation) et libère l’accès aux effets slicés ou liftés. D’après des formateurs, dans plus de 90 % des stages jeunes (dès 6-9 ans), on privilégie systématiquement la prise continentale ou marteau au service, histoire de limiter les blessures au coude (une observation que de nombreux préparateurs partagent en club).
Quels critères pour choisir sa prise ?
S’orienter vers la bonne prise n’est jamais anodin : cela amène davantage de confort, un apprentissage plus rapide… et limite les petits défauts techniques au fil des sets. Mais quels critères peuvent réellement peser dans ce choix ? Tout commence par la morphologie de la main et du poignet, le style de jeu adopté, mais aussi le type de surface préféré.
Analyse morphologique : petit ou grand poignet, même combat ?
Impossible de trouver deux mains identiques. En général : un poignet souple, ou une main fine, favorisent l’accès à des prises semi-western ou western, celles qui “font rouler” la tête de raquette (et donc boostent le lift). À contrario, une main large ou un poignet plutôt raide invite à préférer des prises plus classiques : la eastern ou la continentale, qui sécurisent la prise en toute circonstance.
Un conseil régulièrement entendu chez Mouratoglou : opter pour un manche ou un overgrip adapté à la taille de sa main diminue significativement le risque de crispation… et donc de blessure à moyen terme.
- Grande distance entre pouce et paume : semi-western recommandée.
- Main volumineuse, poignet moins mobile : rester sur eastern ou continentale pour plus de confort.
Pensez à essayer plusieurs types de manches (notamment avec surgrip) en magasin : on ressent rapidement le grip qui “épouse” naturellement la paume – un geste anodin, mais que certains joueurs confirmés réajustent encore après des années.
Surface de jeu : pourquoi la terre battue fait “basculer” vers le lift
Plusieurs experts s’accordent à dire que le choix du grip dépend aussi beaucoup de la surface. Sur terre battue, la semi-western, voire la western, sont très répandues puisque la balle rebondit plus haut : accélérer le lift, c’est alors incontournable. Sur gazon ou sur dur, en revanche, les prises plus fermées (eastern), voire continentales, trouvent toute leur utilité, notamment en service-volée.
Petit clin d’œil à l’histoire : dans les années 80-90, près de 60 % des professionnels sur gazon jouaient encore en eastern ou continentale, tandis qu’à présent, la terre battue privilégie l’inverse.
Style de jeu et niveau : quand passer à la prise “supérieure” ?
Prudence avant de céder à la tentation du changement ! Pour celui ou celle qui privilégie la maîtrise et le plaisir, la prise eastern reste longtemps pertinente. Mais dès qu’on perçoit une limite dans la capacité à lifter, tester la semi-western offre de belles perspectives. À y regarder de près, ce basculement intervient pour 80 % des jeunes en club entre 11 et 13 ans – rien n’empêche cependant d’opérer cette transition bien plus tard. Nombre d’adultes témoignent d’un passage progressif vers plus de lift (et une prise plus fermée) après un ou deux ans de jeu régulier… parfois à la suite d’une rencontre difficile !
Comment corriger une mauvaise prise ou progresser
Ne pas corriger seul(e) : sans points d’ancrage concrets ou exercices adaptés, on se heurte rapidement à ses vieilles habitudes. Certaines astuces pratiques facilitent le changement, surtout si la patience n’est pas votre point fort ! D’après un technicien fédéral joint en stage, s’entourer d’un regard extérieur change tout – un ami, un coach, parfois un simple joueur expérimenté du club.
Points de repère anatomiques et astuces anti-crispation
Pour repérer la “bonne zone” de contact, il est recommandé bien souvent de s’appuyer sur la base de l’index – un détail comme l’ongle qui pointe vers le sol (en semi-western) permet d’ancrer le geste. Autre observation partagée par les coachs Team-Tennis : un relâchement du pouce et de l’index peut réduire de 30 % le risque de tensions au poignet.
Essayez d’abord de serrer le manche “juste un peu plus fort qu’un stylo”, et de relâcher franchement entre chaque balle. Certains joueurs alternent même 10 frappes “tenue ferme”, 10 frappes relâchées : l’écart de sensation est parfois étonnant, comme en témoigne un éducateur de ligue après un tournoi jeunes.
Bon à savoir
Je vous recommande de bien relâcher le pouce et l’index sur le manche pour réduire notablement les tensions au poignet et améliorer votre confort de jeu.
Exercices simples pour changer ou tester une prise
Le progrès s’inscrit surtout dans la constance des essais – et non dans la quantité. Un exercice fréquemment préconisé consiste à placer un repère (élastique, feutre, sticker) sur le biseau à cibler. Avant chaque frappe, on vérifie la position de l’éminence hypothénar : répétition, puis passage au jeu réel. En général, comptez environ 2 à 3 séances pour que la nouvelle prise devienne un réflexe.
- Version ludique : alterner 10 frappes avec son ancienne prise, 10 avec la nouvelle, et noter précisément les sensations, la puissance, la différence de trajectoire.
Un entraîneur évoquait lors d’un atelier adulte : “La plupart rechignent à modifier leur prise, mais beaucoup sont rapidement bluffés par le lift ou la stabilité atteints en une quinzaine de jours.” Comme quoi, persévérer paie souvent plus qu’on ne le croit !
Les erreurs à éviter… et comment les repérer
Serrer à l’excès, garder la même prise pour tous les gestes, ou malmener son articulation sont des faux-pas parmi les plus fréquents, ils génèrent tendinites ou impacts décentrés. Demander un regard extérieur dès l’apparition d’un doute reste judicieux : un simple conseil peut parfois tout débloquer.
Un bon signal d’alerte : une douleur ou gêne marquée en une vingtaine de minutes de pratique. Dans ce cas, retour à une prise neutre (eastern ou continentale) et test avec un overgrip plus épais, comme recommandé fréquemment par l’équipe prévention de la FFT.
Témoignages de joueurs et exemples de champions
Un simple tour d’échauffement lors d’un tournoi révèle la diversité extrême des grips chez les champions – et leur évolution ! Par exemple, Nadal enfant maniait une western “radicale”, Djokovic a ajusté sa transition d’eastern vers semi-western entre ses 14 et 19 ans (sa progression inspire nombre de jeunes). Roger Federer reste attaché à une eastern ferme depuis ses toutes premières années juniors, comme l’affirment ses proches formateurs.
En club : progression rapide après correction grip
Cas typique : Luc, 39 ans, stagnait à 30/2, puis a constaté un gain d’environ 15 % de puissance sur six semaines… simple conséquence d’un passage réfléchi vers une semi-western. Dans une FAQ Next-Tennis, il explique : “Au début, c’était déstabilisant, mais en un mois j’ai vu la trajectoire et l’effet de mes balles changer réellement. Résultat : moins de fatigue pour un volume de jeu quasi identique !” Beaucoup partagent ce type d’expérience, à tous niveaux.
Les grips à travers l’Histoire : une question de mode… et de surface
L’histoire des prises de raquette suit étroitement celle des surfaces. Entre les années 60 et 80, continental et eastern dominaient (gazon, raquettes bois). Puis, dans les années 90, la “mode” western explose avec l’arrivée des raquettes composites ; le top 10 ATP s’y lance pour maximiser lift et adaptation. Depuis les années 2000, la semi-western domine chez jeunes et pros… mais chaque génération réinvente en partie ses habitudes (anecdote recueillie lors d’un colloque de la fédération).
| Décennie | Prise majoritaire | Surface dominante |
|---|---|---|
| 1960-80 | Continentale, Eastern | Gazon |
| 90-2000 | Western, Semi-western | Terre battue/dur |
| Depuis 2000 | Semi-western | Toutes surfaces |
FAQ : Les questions pratiques sur les prises de raquette
Toujours des incertitudes ou des interrogations qui persistent ? Voici une synthèse des questions les plus fréquentes recueillies auprès des coachs et utilisateurs, pour bien choisir (ou ajuster) sa prise au quotidien.
Quelle est la meilleure prise pour un débutant en coup droit ?
Dans l’immense majorité des cas, la prise semi-fermée (semi-western) garantit la meilleure combinaison : sécurisante, elle soutient la puissance et favorise les progrès. Les tout-petits (dès 3 ans à l’école de tennis) débutent toujours par la continentale, leur poignet n’ayant pas encore la souplesse requise.
Comment passer de la prise continentale à la fermée pour avoir plus de lift ?
Il suffit de déplacer la base de l’index sur le biseau n°3 pour une eastern, ou n°4 pour la semi-western : la paume “glisse” tranquillement vers l’arrière. Les préparateurs recommandent régulièrement d’utiliser un trait de feutre coloré ou un sticker visible – et de filmer sa main pour repérer d’éventuelles erreurs récurrentes.
La prise change-t-elle pour le service lifté vs. slice ?
Il y a bien une variation, même si elle reste mineure. Pour le service lifté, rester sur la prise marteau ou une semi-western légère fonctionne très bien ; pour le slice, on peut ouvrir un peu plus la prise (entre continentale et eastern) afin d’accentuer l’effet latéral. On retrouve cette nuance sur les bancs d’entraînement chez les jeunes compétiteurs.
Overgrip obligatoire pour adapter le manche ?
L’utiliser est vivement conseillé : ajuster l’épaisseur du manche limite entre 25 et 40 % le risque de surmenage musculaire (source : étude Mouratoglou). L’overgrip fait aussi office de repère tactile pour rester sur la bonne prise, d’après plusieurs entraîneurs de ligue.
Une mauvaise prise peut-elle causer une blessure ?
Ce risque n’est pas théorique : des erreurs de grip se retrouvent fréquemment à l’origine de tendinites ou d’épicondylites au poignet. Si une gêne persiste, revenir à une prise neutre (eastern ou continentale), desserrer la main, et solliciter un avis extérieur constituent souvent de bons réflexes. Prendre une extrême trop tôt, c’est s’exposer à des désagréments qu’il vaut mieux éviter, comme le martèle une formatrice lors de stages d’initiation.
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